• Il pleut des prix littéraires!

     

    Le prix Goncourt est un excellent accélérateur des ventes de romans. Il assure en moyenne 400 000 exemplaires vendus à son auteur. C’est à la fois le prix le plus prestigieux et le plus générateur de ventes. Mais de façon plus globale, un prix littéraire produit toujours un afflux des ventes pour le roman primé.

     

    Une étude comparative sur cinq ans (entre 2005 et 2009) établit un panel des ventes des livres en fonction des prix reçus. Le Goncourt arrive en tête avec près de 400 000 exemplaires, suivi du prix Renaudot, à un score moitié moins élevé, avec 200 000 ouvrages vendus en moyenne. Le prix Femina est également très prescripteur avec 156 000 exemplaires.

    Des prix littéraires moins prestigieux font aussi de fortes ventes comme le Goncourt des lycéens ou le prix des lectrices du magazine Elle, avec en moyenne 130 000 exemplaires.

    Il pleut des prix littéraires!

    (source de l'article ci-dessus : http://www.franceculture.fr/2011-11-02-les-prix-litteraires-multiplient-les-ventes)

     

    PRIX GONCOURT

    C'est à la mi-journée que nous avons appris le nom du lauréat de cette année: Mathias Enard a été préféré à Nathalie Azoulai, Hédi Kaddour et Tobie Nathan. Drôle de coïncidence, puisque Boussole était le seul roman qui avait été retiré de notre liste, l'auteur ayant déjà été récompensé par le prix Goncourt des lycéens en 2010 pour son roman Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants.

     

    PRIX RENAUDOT

    D'après une histoire vraie, de Delphine de Vigan, était déjà depuis la rentrée en tête des ventes de livres en librairie; voilà l'auteure consacrée par le deuxième prix le plus prestigieux en France, le Renaudot.

     

    PRIX DECEMBRE

    Prix moins médiatique, le prix décembre a récompensé cette année Christine Angot pour son roman Un amour impossible. Le lauréat de ce prix se voit remettre un chèque de 30 000euros, là où le Prix Goncourt ne rapporte "que" 10 euros - la modicité de la somme étant largement compensée par l'impact inouï de ce prix sur les ventes.

     

    PRIX MEDICIS

    Il récompense cette année Nathalie AZOULAI pour son Titus n'aimait pas Bérénice, paru aux éditions P.O.L.

    Voici la critique de Raphaëlle Leyris, journaliste du Monde, dont on peut retrouver l'article intégral ICI

    « Empoigner le marbre »

    Titus n’aimait pas Bérénice est le sixième livre de Nathalie Azoulai, après cinq textes ancrés dans notre époque au point de prendre l’allure de romans « sociétaux » – qu’ils évoquent la maternité, comme Mère agitée (Seuil, 2002) et Les Filles ont grandi (Flammarion, 2010), ou qu’il y soit question de racisme et d’antisémitisme, comme dans Les Manifestations (Seuil, 2005).

    Dans ce nouvel ouvrage, en revanche, l’ancienne normalienne et agrégée imagine une femme d’aujourd’hui, quittée par son amant, marié et décidé à rester avec sa femme en dépit de son amour pour sa maîtresse. S’abreuvant aux vers de Racine, elle décide de « quitter son temps, son époque », et de se plonger dans la vie de l’écrivain pour « construire un objet alternatif à son chagrin, sculpter une forme à travers son rideau de larmes » : « Si elle comprend comment ce bourgeois de province a pu écrire des vers aussi poignants sur l’amour des femmes, alors elle comprendra pourquoi Titus l’a quittée », écrit Nathalie Azoulai.

    Ainsi se lance-t-elle dans le récit (romancé) de l’existence de Racine, ses années de formation à Port-Royal, l’enseignement de ses maîtres jansénistes, la découverte de la traduction du latin, où il va progressivement forger sa propre langue si étonnante, jusqu’à finir par donner, au fil de ses douze tragédies, « un idiome à la France ». Elle imagine comment Racine a réussi à devenir « l’endroit où le masculin s’approche au plus près du féminin » en inventant des sortes de séances de confession, sans dimension religieuse, où des femmes racontent au grand homme les effets sur elle du chagrin amoureux…

    Si la structure à deux niveaux – l’histoire de Bérénice la délaissée d’aujourd’hui, et celle de Racine – ne convainc pas tout à fait, il y a dans Titus n’aimait pas Bérénice quelques pages superbes, des phrases dépouillées et pourtant d’une grande force. Une volonté de fouiller l’histoire et la langue pour réussir à « empoigner le marbre » de la statue du tragédien, et lui donner chair, lui insuffler de la vie." (Raphaëlle Leyris)


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